METAYER PRESIDENT

20 janvier 2021

SAUVER LA FRANCE DU GRAND CHAOS

LE GRAND CHAOS

METAYER 2022

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19 janvier 2021

ETHIQUE ET EXISTENCE POLITIQUE

 

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Le cheminement de l’entendement vers un idéal sociétal est une trace existentielle dans l'aventure humaine si le processus parvient jusqu'à la réalisation dans l’action.

Exister, c'est être « capable de se projeter » selon la philosophie existentialiste. Il y a un mouvement qui donne existence à … Il est autant question de la capacité que de l'action de se projeter. L'homme politique doit avoir cette capacité, mais aussi la volonté car je peux etre « capable » mais ne pas « vouloir ». Si je suis capable et si je suis volontariste sur une dynamique de projection, alors mon existence politique se dessine. La capacité de se projeter ne doit pas perturber l'essentiel de la démarche politique ou pire encore, provoquer un désintérêt pour l’éthique. Celle-ci est fondée sur des sentiments profonds, on pourrait dire que c'est la couche profonde de l'existence politique. L'éthique ne varie pas selon les expériences. Au contraire, l’existence est sans cesse empreinte d'éthique et l'éthique a besoin de l'existence politique pour être projetée, sortir de la pensée individuelle et tenter de se frayer un chemin vers la réflexion puis la conscience collective. C'est l'existence qui permet le passage de l'individuel au collectif. Nous comprenons toute l'importance de la dynamique de projection. Beaucoup de gens « pensent », plus rares sont ceux ayant cette capacité volontariste.

Le délaissement ou l'absence des valeurs sont la conséquence d'une « existence politique » défaillante. Le rôle, la mission des partis politiques est de favoriser cette existence. Un parti comme lieu de culture, d'analyse et de proposition doit susciter l'éclosion d’une existence collective, consciente et évolutive sur la base d'une éthique approuvée collectivement. L'expression de cette éthique est nécessairement évolutive avec le temps mais l’éthique, elle-même, est fidèle aux valeurs qu'elle contient. La communication ne doit jamais desservir l’éthique. Elle doit au contraire rechercher les termes et les images qui permettront la meilleure compréhension possible du message. La communication politique fait partie intégrante de l'existence politique. Un monde sans éthique ne peut connaître la moindre existence politique sans pour autant ne pas « subir » une communication de surface. En effet, certains pratiquent la communication sans avoir d’existence. Le marketing politique remplace l’existence politique, avec comme objectif de séduire un électorat. Les études d'opinions remplacent l’éthique. Ce n'est plus l'éthique qui indique une voie, un cheminement, mais les désirs immédiats. Les citoyens éclairés ne peuvent se reconnaître dans certains programmes élaborés sur des sondages réalisés en quelques jours à partir d'une série de questions appelant des réponses courtes et sans délai de réflexion. L'action et l'attitude électoralistes remplacent l'action politique. Les slogans remplacent le débat d’idées. Quelle est la valeur d'un slogan issu d'une étude d’opinion ? Ce slogan peut capitaliser sur lui des milliers de votes de citoyens abusés, n'ayant pas eu la possibilité (le temps, la connaissance) de participer à une véritable analyse de la situation.

Certains slogans suscitent la haine pour tenter de gagner une élection. Qu'en est-il de l'amour et de la haine dans le champ politique ?

L'amour et la haine semblent se faire concurrence tout en n'étant pas sur le même terrain, l’amour tentant de gagner les cœurs tandis que la haine vise le côté le plus sombre de l'être humain. Aussi, posons-nous la question de savoir s'il est plus facile d'aimer ou de haïr ? Nous ne pouvons plus nous contenter de répondre que de toutes façons, « la haine succède à l'amour », comme si personne n'y pouvait plus rien. Demandons-nous plutôt quand l’amour succédera-t-il à la haine durablement ? Nous constatons qu'il est plus facile de rejeter la faute sur l'autre, sur les autres, si nous profitons au passage d'en faire une généralité. L'autre devient très vite le bouc-émissaire. La culture de la haine est donc à la portée de tous. N'importe quel manipulateur qui a compris cette faille chez l'être humain peut agiter son drapeau et attirer les foules. L'ignorance est l'amie de la haine et de ceux qui s'en servent pour en faire un système lucratif de pouvoir politique, procédant ainsi au formatage des populations. Quand l'amour succédera-t-il à la haine ? Comment l'amour peut-il vaincre la haine ? Il semble que l'être humain ne soit pas toujours à même d’aimer. A force sans doute de ne pas ou de ne plus s'aimer lui-même, il en arrive à ne pas aimer les autres ou ne plus les aimer jusqu’à les détester au point de les tuer ou de vouloir les faire tuer au nom d'une prétendue vérité. Une stratégie du crime se met en place et devient la « raison politique ».J'oppose dès maintenant « raison politique » et « existence politique » pour mieux situer cette dernière. La raison politique n'est pas la politique de la raison. Le pouvoir politique doit être issu d'une existence politique et non d'une raison politique circonstancielle de surface, même si cette raison arrive à convaincre une partie de la population. Cela nous amène à nous poser plusieurs questions sur le « système majoritaire ». Celui-ci est-il toujours en phase avec les valeurs que la démocratie est censée défendre ? Le système majoritaire peut-il favoriser l'élection d'un candidat populiste qui aura su capitaliser des voix sur un slogan ? Nous voyons en effet que le « principe de la démocratie » peut permettre l'élection d’un parti extrémiste selon le système majoritaire et ainsi donner une « assise démocratique » suffisante pour gouverner à un mouvement qui pourra remettre en cause les valeurs mêmes de la démocratie. Cette situation peut se produire lorsqu’une éthique n'est plus suffisamment transmise, lorsque la démagogie a remplacé la pédagogie, lorsque les partis traditionnels sont eux-mêmes tentés par des thèses extrémistes, par contagion ou par opportunisme. La raison politique devient alors la raison des extrêmes, proposant aux électeurs des solutions radicales sur une ligne « antisystème », fonctionnant généralement sur induction, comme par exemple, « un ouvrier étranger a volé une orange » donc « tous les ouvriers étrangers sont des voleurs ». Nous ne sommes évidemment plus dans une politique de l'entendement ou politique de la raison, loin de l'éthique humaniste comme processus sociétal vers le « bien vivre ensemble ». La politique de la raison développe les facultés de comprendre la société et son évolution en intégrant pragmatisme et sentiment moral. L'homme politique est la personne qui observe la société, la comprend et propose une ligne politique à partir de sa propre existence politique. Il ne se contente pas de « penser le monde », il est aussi capable de passer à l'action comme manifestation de son propre système élaboré dans le creuset de son existence. L'homme politique est un sujet engagé au service de la cohérence de la pensée et de l’action. Pour Jean-Paul Sartre, l’action devient le seul refuge contre l’absurde. La politique de l'absurde serait celle qui mènerait la société vers une forme « d’échec fatal » selon l'expression de Jaspers. La peur du drame collectif comme résultat d'une politique de l'absurde et de l'absence de l’action cohérente peut stimuler le désir de projeter un modèle de société humaniste. L'absence de peur peut conduire l'humanité vers « l'impensable », vers le dégoût d'elle-même… Il existerait donc bien des conditions « humaines » comme danger pour l'humanité, émanant de l'absurde, de la passivité, d’absence de volontarisme qui pousserait l’homme conscient, l'homme de raison, l’humaniste à « exister » politiquement, en harmonie avec son éthique. L’humaniste refuse « l'effroyable » au prix de l'engagement de sa propre existence. Celle-ci devient politique, « existence politique » lorsque sa capacité de projeter entre en action, dans l'action collective, recherchant sans cesse le pragmatisme et l’évolution positive, refusant l'immobilisme et les conservatismes, pour trouver des réponses « justes » aux problèmes posés dans la société, par la société.

Tentons maintenant de définir « l’inexistence politique ». Que reste-t-il lorsque l’éthique n'est pas défendue ? Que deviennent les valeurs de respect, de justice sociale, de solidarité et de fraternité ? Comment exister sans ces valeurs qui ont en commun de porter en elles les clés du « bien vivre ensemble » ? L’inexistence viendrait de l’incapacité à se projeter, problème du « pouvoir faire » et de l'absence de volonté de rentrer dans l'action, problème du « vouloir faire », absence de volonté de bâtir, de construire, de participer au travail collectif qui caractérise pourtant l'engagement politique dans la société. Et pourtant, il semble bien que des femmes et des hommes soient « entrés » en politique par défaut, pour d'autres raisons que de vouloir faire progresser l'humanité. Autant dire que ce n'est pas la recherche de la sagesse qui stimule ces « acteurs » vedettes plus occupés à jouer leurs rôles que de chercher à travailler sur le fond des problèmes. Leurs principales préoccupations sont fixées sur leurs réélections et sur les sondages. La question devient « comment arriver au pouvoir ? » (ou y rester), et non « comment trouver des solutions durables pour le progrès de l'humanité ? ». Très loin d'une philosophie de la politique qui analyserait le sens de la politique, l'inexistence politique interprète les faits selon l’électorat que l'on cherche à capter. Alors que l'humanité a besoin d'un travail régulier d'approfondissement des expériences humaines, de procéder à des études comparées, certains partis politiques se contentent d'aligner un programme standard en quelques points. Celui-ci n'étant pas évolutif puisque figé sur des points fixes, tout pragmatisme devient impossible. Le dogmatisme ne conçoit pas sa propre évolution, n'envisage pas la remise en cause de sa théorie au risque de ne jamais pouvoir répondre aux grands problèmes de son temps. Nous comprenons aujourd'hui que nous ne pouvons pas faire l'économie d'une analyse au temps présent si nous voulons trouver des réponses spécifiques et cohérentes. L'analyse politique et géopolitique est devenue indispensable. Elle doit précéder toutes décisions et succéder à toutes actions afin de mesurer au jour le jour ses résultats et d'évaluer son efficacité. Il semble que la société moderne rencontre un réel problème au niveau de l’analyse. La collecte des informations fonctionne plutôt bien mais il y a un blocage au stade de l'analyse. Comment trouver une réponse « juste » sans avoir analysé le problème en profondeur ? Comment construire une politique de la raison sans avoir développé le « savoir analyser » ? Analyser un problème politique, c'est d'abord regarder sans filtre pour observer « ce qui existe ». A quoi sert d’amasser des tonnes d'informations si nous ne sommes pas en mesure de les analyser ? Après l'analyse apparaît la raison objective.

Je pense que « l'existence politique » comprend, englobe à la fois la recherche des connaissances, l'analyse des éléments, la politique de la raison, la capacité et la volonté de passer à l'action. La raison a besoin d'être « projetée » pour qu'elle devienne véritablement « existante ». Cela nous renvoi au désir, à notre désir de raison, mais aussi à notre désir d'action, à notre désir d'entrer en action, soit dans une action individuelle, soit dans une action collective qui implique une mise en concurrence de nos réelles possibilités. Suis-je capable de projeter moi-même une proposition issue du champ de la raison ? Il y a donc un cheminement à prendre en compte qui part de l'information allant vers l'analyse puis vers cette « raison » espérée pour trouver enfin une voie d’application. La politique de la raison fait donc partie intégrante de l'existence politique. En d'autres termes, lorsque la politique de la raison aboutit à son application, ayant donc été projetée par « volonté d'action », il y a « existence politique ». Aussi pouvons-nous dire que l'existence politique est un processus qui se situe dans le prolongement de notre éthique. L’éthique étant elle-même, en elle-même, un libre cheminement vers la sagesse, l'existence politique serait donc à la fois le compositeur et le chef d'orchestre d'une symphonie à la vie, en quête d'un nouvel humanisme à résonance planétaire.

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UNE NOUVELLE ETHIQUE DE LA LIBERTE AVEC METAYER

NOUVELLE ETHIQUE

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Jean-Yves METAYER

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18 janvier 2021

L'HOMME ET L'HUMANITE PAR JEAN-YVES METAYER

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Jean-Yves METAYER

Si la question de l'homme est et reste le sujet de réflexion fondamental de la philosophie et de la philosophie politique, celle de l'humanité et de son devenir semble bien inquiéter les plus « sages » d'entre nous.

Comment devons-nous penser l'humanité de demain ? L'homme comme individu doit-il revoir son rapport à l'humanité ? L'individualisme aura-t-il fait la promotion de l'égoïsme chez l’individu et sur le plan collectif ? L'homme est-il doué de générosité, de solidarité et du sentiment de fraternité ? Si toutes ces questions ont déjà fait couler beaucoup d’encre, elles restent néanmoins d’actualité et nécessitent de nouvelles réflexions

« Penser, c'est juger », dit Kant. L'homme doit-il être jugé ou repensé aujourd'hui ? Ou bien devons-nous réécouter la réponse des hommes aux grandes questions « Que dois-je faire ? » et « Comment dois-je vivre ? ».

L'homme a-t-il une destination ou doit-il réaliser sa voie ? « Faire et en se faisant, se faire », dit Nietzsche. L’homme est-il cet être vivant doué de raison ? « Les hommes sont plutôt conduis par le désir aveugle que par raison », dit Spinoza.

Dans « Ethique et Existence politique », j'évoque le désir de raison, « Il n'y a qu'un seul principe moteur, la faculté désirante », dit Aristote. Mais l'homme a-t-il un désir d'humanité ? L'humanité serait-elle relative à nos désirs ? Avons-nous le « désir de raison » comme « désir pour l'humanité » de nous élever vers un idéal, un humanisme à construire, telle une tâche à accomplir ? Avons-nous un devoir d'humanisme pour l’humanité ou une vocation ? Devons-nous combattre un germe de l’égoïsme en nous-mêmes, un égoïsme conscient de ce qu'il produit ? L'humanisme a été pensé par de nombreux philosophes et a connu sa propre évolution, aussi est-elle terminée ? L'homme sait-il où il va et surtout où il veut aller ?

Toutes ces questions concernent notre rapport aux valeurs et dépendent de notre « niveau de désir de raison », mais également de nos prises de consciences qui en découleront. L'enfant commence par se connaître au sein de ses proches, sa famille, l’école, la ville, la région, etc... La globalisation communicationnelle permet à l'enfant puis au jeune adulte de découvrir le monde et ses différentes civilisations. Des grands hommes comme Gandhi, Victor Hugo, Martin Luther King, Tolstoï, Silo ou Nelson Mandela ont annoncé la gestation d'une civilisation planétaire. Les cultures se rencontrent, se rapprochent, se marient. Pourtant, il existe aussi une autre tendance, celle du "Choc des civilisations".
On trouve cette expression dans le livre de Samuel Huntington « The clash of civilizations and the remaking of world order – 1996 ». L'auteur parle d'un conflit inévitable (selon lui) entre deux grandes civilisations, l'Occident et le Monde Arabo-Musulman. Nous savons bien que les extrémistes et les fanatiques s’opposent à l'idée d'une civilisation planétaire. La paranoïa pourrait-elle expliquer ce refus par la caractéristique de ne pouvoir vivre que « pour soi » et « contre l’autre » ? Cette psychose empêcherait un type de rapport non conflictuel. Le tyran ne veut pas lâcher le petit monde qu'il tente de dominer. Plus largement, l’homme avide de pouvoir cherche toutes les raisons pour le sauvegarder en mettant en avant des propositions « d’apparences sécuritaires ». Les extrémistes agitent les esprits, entretiennent les inquiétudes et les peurs car ils savent que l'angoisse collective est leur principale alliée. Plus la haine de l’autre progresse, plus les fanatismes prospèrent. Les nationalistes sont conscients de la fragilité de la construction d'une civilisation planétaire et dirigent leurs combats avec une arme malheureusement efficace, la « manipulation des esprits ». Le but avoué est de « couper » ceux qui les écoutent du reste du monde.


Comment une civilisation peut-elle évoluer avec la haine des autres et la coupure aux autres? Nous comprenons bien que nous sommes face à une stratégie guerrière d'ordre obsessionnelle à orientation nihiliste. Absence d'éthique, absence de valeur puisque « il n'y a plus rien que le rien, en tout cas rien qui vaille, rien qui mérite d'être aimé ou défendu : tout se vaut et ne vaut rien », dit André Comte-Sponville dans son dictionnaire de la philosophie. Le terrain est donc libre de « tout », du tout pour le tout. La dictature prend alors racine dans la peur et l'ignorance en imposant progressivement une ligne dogmatique qui ne peut jamais être remise en cause. La discussion n'est plus possible dès son arrivée au pouvoir, « tout est faux, tout est permis » dit Nietzsche. Certains cherchent le « surhomme » pendant que d'autres misent tous leurs espoirs sur l'humanité. Les premiers ne savent plus aimer alors que les autres rêvent d'amour comme désir d'amour universel pour l'humanité. Il est facile de haïr et plus difficile d’aimer. Il est facile de « dresser » des hommes à combattre les autres, comme on dresse des chiens à l'attaque pour conquérir le pouvoir ou le garder le plus longtemps possible. Il est plus difficile d'étudier, de comprendre et de transmettre. Il est plus difficile de s'interroger et de « se comprendre », de partir à la recherche de ce que l'on ne connaît pas encore de soi-même. Aussi, l'homme qui se connait un peu mieux pourra peut-être aussi apprendre à mieux appréhender et apprécier les autres. Je veux citer Socrate qui, selon Hegel était un « vrai philosophe » en ayant appliqué pour lui-même sa doctrine plutôt que de l’écrire. Avant de chercher une explication cohérente du réel dans la société, il faudrait peut-être commencer par chercher une explication cohérente de soi. Être soi, se comprendre, puis s’accepter pour mieux évoluez et dans le fond, pour mieux s’aimer ... Alors nous pourrions continuer ce processus en faisant l'effort de comprendre l'autre, puis de l’accepter et même si possible (et pourquoi pas) de l’aimer ? Aimer l'autre pour ce qu'il est, parce qu’il est différent de moi, sans avoir peur de lui et ses différences, voilà déjà la première clé du « bien vivre ensemble ». Mais le fait de s'aimer (soi-même) ne doit pas conduire vers une attitude « ultra-individualiste » du « citoyen contre toute forme de pouvoir extérieur à lui-même ». La réussite d'une politique globale dépend de son efficacité, de son objectivité, de sa cohérence, de son existence et d'une possible politique de la raison. Il y a donc une opposition entre deux orientations, d’un côté « le dogmatisme politique ou (et) religieux » qui cultivent leurs refus d’une vision globale de l'humanité et de l'autre « l’éthique et l’existence politique d'un humanisme à résonance planétaire ». Selon moi, le dogmatisme n'a aucune « existence » puisqu’il reste fermé à tous dialogues, toutes réflexions, toutes évolutions. Il y a une incapacité à l'évolution, une forme de sclérose qui empêche tout mouvement d’idées et tout pragmatisme. A moyen ou à long terme, la sclérose provoque un blocage des systèmes, à l'image de la sclérose en plaque qui paralyse l'être humain selon une progression particulièrement handicapante. Le dogme « est » mais « n'existe pas » puisqu’il n'a aucune capacité à se projeter. Il « est » comme l'eau stagnante « est », c'est-à-dire que le dogme a l'odeur de l'eau croupie. C'est l'exigence d’éthique pour l'humanité qui stimule le travail de réflexion et tient en éveil le désir de raison. Une politique nationaliste n'a pas d'éthique pour l'humanité, elle entretient le culte narcissique de l'amour de sa position dans le monde et de son « pouvoir sur » les autres nations. L'intérêt particulier et immédiat empêche toute politique de la raison car il s'inscrit dans une démarche sectaire qui ne prend jamais en compte les autres nations, les autres cultures. Le nationaliste agit comme si l'autre « n'existait pas ». Et c'est bien là son erreur et même sa faille qui le pousseront tôt ou tard vers l’obligatoire constatation de l'échec de sa doctrine, car c'est lui qui n'a pas « d'existence politique » véritable, comme j'ai déjà tenté de l'expliquer. Le nationaliste est donc « aveugle » et « sourd », il est coupé des autres réflexions dont il ignore même les arguments profonds qui démontrent l'étroitesse de ses positions dogmatiques. Le nationaliste n’a pas comme objectif l'harmonisation des nations, il se situe davantage dans une logique guerrière. Sa politique s'arrête aux frontières de son pays, sauf lorsqu'il est animé d’un désir de conquérir d'autres terres. Son champ de lecture est national, il pratique une forme « d’individualisme national », plaçant la nation comme intérêt premier, comme l’individualiste le pense et le fait pour lui-même. Leur point commun est le « sens de l'intérêt », qu’il concerne un seul être humain ou une seule nation. Le nationaliste est égoïste sur le plan personnel « et » sur le plan national. C’est un seul et même fonctionnement qui est replié sur lui-même, d’où l’impossibilité de sortir de son périmètre, on pourrait même compléter en disant, de « son périmètre de sécurité» car sa ou ses peurs dirigent une bonne partie de sa vie. Il est fermé sur l'extérieur et contre tout esprit de dialogue avec son opposition intérieur, lorsqu’il est au pouvoir, préférant désigner l'autre comme ennemi et non comme adversaire politique. Le monde est donc pour le nationaliste « un ennemi à combattre ». Pour cela, il rêve plutôt d'un « surhomme » au service de la nation. L'humaniste, lui, rêve d'un « homme généreux, solidaire et fraternel », capable même de compassion pour autrui.

Logique d'amour face à logique de guerre. Désir de fraternité face à la haine de l'autre. Politique de la raison face à la raison du plus fort qui se bat pour un « chef », un « superpuissant » adulé par une foule dans un petit coin du monde. L'humaniste a plus que jamais un grand travail de pédagogie à réaliser s'il veut que son idéal de paix, de solidarité, de justice devienne la réalité de demain. Son éthique et son existence politique sont les outils dont il dispose pour construire un nouveau modèle de société, libéré de ses peurs et de ses égoïsmes.

En d'autres termes, l'harmonisation des cultures doit devenir une priorité et permettre aux hommes de dépasser les cercles étroits des communautarismes. Aussi je voudrais citer maintenant le Docteur Roland Cahen : « Il apparaît en effet, avec une clarté toujours plus aveuglante, que ce ne sont ni la famine, ni les tremblements de terre, ni les microbes, ni le cancer, mais bel et bien « l’homme » qui constitue « pour l'homme » le plus grand des dangers ». Il s’agit donc maintenant de favoriser les rencontres des « hommes de conscience » afin de conduire l'humanité vers un chemin plus éclairé. Pour cela, cherchons notre diapason intérieur, prenons le temps de nous accorder les uns avec les autres comme le violon s’accorde avec le hautbois puis avec tous les musiciens de l'orchestre. Travaillons la partition avec justesse comme de bons musiciens qui savent ce que le mot « juste » veut dire, pour que le grand concert des nations puisse faire entendre au monde entier son nouvel Opéra pour l'Humanité : « Respect, Justice et Liberté ».

Jean-Yves METAYER

Ce texte reste la propriété de ©copyright Jean-Yves METAYER

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LA VAGUE FORTE AVEC METAYER

LA VAGUE FORTE

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VERS LA PAIX MONDIALE

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17 janvier 2021

NOS LIBERTES NE SONT PAS A VENDRE

NOS LIBERTES

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16 janvier 2021

POUR UNE SOCIETE DE LIBERTE

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15 janvier 2021

PEDAGOGIE DE SANTE PUBLIQUE

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14 janvier 2021

LES PARTIS SONT A BOUT DE SOUFFLE

economie a bout de souffle

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