METAYER PARIS NORMANDIE

Pris de court. Le jeu politico-médiatique a beau prêter des ambitions nationales à Édouard Philippe, de retour en porte océane après trois années passées à Matignon, c’est un autre Havrais, qui, à désormais moins de deux ans du rendez-vous, annonce être candidat à la présidence de la République. Une déclaration aussi stupéfiante que discrète qu’il ne diffuse qu’à travers les réseaux sociaux. « Ce n’est pas sérieux ? », est-on tenté de lui demander, forcément interloqué. « Oui, c’est mûrement réfléchi et j’irai jusqu’au bout », martèle pourtant Jean-Yves Metayer-Robbes, 57 ans, psychanalyste et naturopathe. 

Discutez plutôt de Carl Gustav Jung que de Sigmund Freud avec celui qui estime que « la France a d’abord besoin d’une grande psychanalyse ». De discussions il fut d’ailleurs longuement question avant qu’il ne se lance vers le grand bain, si tant est qu’il puisse l’atteindre en obtenant 500 signatures d’élus pour valider sa candidature et se confronter, au printemps 2022, aux cadors de la discipline. « Soyons clairs, ce n’était pas au programme. J’y vais d’abord parce qu’un certain nombre de personnes en France comme à l’étranger me le demandent. Féru de philosophie et de philosophie politique j’ai, depuis une dizaine d’années, multiplié les écrits, les réflexions. Ces mêmes amis pensaient qu’il était désormais temps qu’un homme nouveau puisse présenter un nouveau projet politique. » Un projet orienté vers ce que Jean-Yves Métayer-Robbes définit comme « le nouvel humanisme ». Défenseur de l’esprit des « gilets jaunes », le candidat prétend que « les libertés de pensée et d’expression ont été très sérieusement bafouées en France ces derniers mois. Or, pour vivre dans une société de liberté et défendre les libertés individuelles et collectives, le président d’une nation doit se donner les moyens de garantir aux citoyens les libertés fondamentales qui leur appartiennent comme être humain (...) Face à l’obscurantisme de l’ultralibéralisme, face à l’économisme total pour lequel la seule philosophie est celle des statistiques du capitalisme financiarisé et mondialisé, le nouvel humanisme peut sauver l’Humanité. C’est notre projet politique alternatif, plutôt qu’une alternance. C’est soit nous, soit le système. »

Relais à l’étranger
On l’aura compris, si l’aventure, les moins réceptifs diront la plaisanterie, devait se poursuivre, c’est en candidat « hors-système » que Jean-Yves Metayer-Robbes se présentera. L’été a d’ores et déjà été fertile en suppositions peut être inspirées par le succès de la série Baron Noir. Éric Zemmour, Didier Raoult, Jean-Marie Bigard, pour ne citer qu’eux. Trois stars du PAF (paysage audiovisuel français). Ce dont ne peut se vanter le Havrais, pour ainsi dire inconnu au-delà des frontières de la ville. « J’ai pourtant un réel réseau à l’international », contredit-il, soulignant qu’il est à la tête de divers organismes tels que le think tank Ecocit (Eco citoyens humanistes européens), Génération humaniste internationale dont le siège est à Abidjan, qu’il est titulaire d’un doctorat américain en psychanalyse, docteur honoris causa en philosophie de Logos University aux USA, ou qu’il est ancien ambassadeur pour la paix au sein de la Ghandi peace Foundation of Nepal pour l’Europe.

C’est bien au Havre qu’il promet d’installer son quartier général de campagne. « On l’a vu à l’occasion des municipales, pour les médias nationaux, la route entre Paris et Le Havre peut facilement être faite dans la journée. »

D’abord professeur de violon, ce disciple « et ami » du virtuose Pierre Amoyal lui-même natif du Havre, veut désormais écrire la partition. Proche de Francis Lalanne, candidat divers droite aux cantonales de 2011 (4e canton), aux législatives de 2017 sur la 8e circonscription des Français de l’étranger (soutenu par l’alliance écologiste indépendante), puis colistier sur celle du « gilet jaune » Christophe Chalençon aux Européennes de 2019, Jean-Yves Métayer n’est pas un novice du genre. « Des candidatures juste “pour voir”. Mais je voulais tenter de diffuser un message. Ce n’était ni le temps ni le lieu... »

Christophe Frebou - Journaliste, agence locale du Havre
Source : paris-normandie.fr